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Perturbateurs endocriniens : ils empoisonnent notre quotidien !

Les perturbateurs endocriniens sont partout, dans de nombreux objets et produits de la vie courante, dans l’environnement… S’il est difficile de les éviter, certaines mesures sont à notre portée pour s’en protéger et limiter leurs effets.



Perturbateur endocrinien
Crédit photo : Caio.

Qu’est-ce qu’un perturbateur endocrinien ?


Comme son nom l’indique, un perturbateur endocrinien (PE) perturbe notre système endocrinien (= système hormonal), c’est-à-dire l’ensemble des organes, des glandes et des tissus biologiques qui fabriquent nos hormones (thyroïdiennes, sexuelles…). Ces hormones sont véhiculées par le sang et agissent à distance dans l’organisme, ce sont des messagers chimiques.

 

Les PE sont donc des polluants qui interfèrent avec nos hormones en les empêchant de faire leur travail correctement. Certains PE peuvent augmenter ou diminuer la synthèse d’une hormone, tandis que d’autres perturbent son activation ou son élimination. D’autres encore peuvent se fixer sur les récepteurs hormonaux et donc les activer ou les bloquer. Ainsi, les PE perturbent notre système hormonal et affectent de nombreuses fonctions : reproductives, thyroïdiennes, métaboliques, surrénaliennes, etc.



Perturbateur endocrinien : un poison pas comme les autres


Les perturbateurs endocriniens (PE) ont des particularités différentes des autres polluants :

  • Leur toxicité n’est pas forcément dose-dépendante : un polluant classique répond à la formule de Paracelse (philosophe) qui dit que c'est la dose qui fait le poison (plus la dose est élevée, plus les effets toxiques sont importants). Avec un PE, ce n'est pas le cas, puisqu'une exposition récurrente à des faibles doses peut être plus grave qu'une exposition ponctuelle à une forte dose.

  • Ils n’engendrent pas les mêmes effets chez l’homme et la femme, contrairement à un poison classique.

  • Ils n’ont pas les mêmes effets en fonction de la période de vie à laquelle nous y sommes exposés, la période de plus grande vulnérabilité étant la période embryonnaire et fœtale. Ainsi, les femmes exposés aux PE dès la vie intra-utérine ont plus de risques  d’hypofertilité, d’endométriose, de cancers hormonodépendants, de syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) et d’insuffisance ovarienne précoce. Les hommes ne sont pas en reste puisqu’ils ont également plus de risques d’hypospadias (malformation du pénis), de cryptorchidies (non-descente des testicules), de cancer des testicules et d’infertilité.

  • Ils agissent en différé et sur plusieurs générations : les effets ne vont pas nécessairement se manifester au moment de l’exposition, mais peut-être plus tard dans la vie ou même dans celle de nos descendants (enfants et petits-enfants).

  • Ils agissent par effet cocktail, c’est-à-dire que leurs effets se potentialisent.



Où trouve-t-on des perturbateurs endocriniens ?


Les perturbateurs endocriniens (PE) envahissent notre quotidien : produits ménagers, détergents, produits de traitement des cultures (pesticides), cosmétiques, produits alimentaires, etc. Ils sont également présents dans l’environnement, car différents milieux sont contaminés : eaux, sédiments, sols, air, etc. Des études réalisées dans la population française ont montré, notamment des enfants, par certains de ces produits (phtalates, bisphénols, pesticides, PCB, etc.).

 

Près de 800 substances chimiques ont des propriétés perturbatrices endocriniennes avérées ou suspectées.

Parmi elles :

  • Certains pesticides (organochlorés, fongicides, herbicides).

  • Plastifiants (phtalates, Bisphénol A), retardateurs de flamme (PBDE), revêtements (PFAs).

  • Médicaments : Distilbène (utilisé en prévention des fausses couches de 1940 à 1977), anti-douleurs (paracétamol, AINS, aspirine), antidépresseurs (Fluoxétine), pilule contraceptive.

  • Produits émis par les combustions incomplètes issues des incinérateurs, de l’industrie métallurgique et sidérurgique et à la pratique de l'écobuage des végétaux (dioxines, furanes, PCB).

  • Produits d’hygiène (Triclosan) et cosmétiques (parabènes).



Perturbateurs endocriniens et fertilité : des chiffres alarmants


D’ici à 2050, 1 couple sur 2 ne pourra pas avoir d’enfant, en partie à cause des perturbateurs endocriniens, dont les pesticides.

En l’espace de 21 ans, le nombre de spermatozoïdes par éjaculat a baissé de 33 %. Et plutôt que de s’attaquer au problème de fond, les critères de « normalité » des spermogrammes ont été revus à la baisse. Ainsi un homme considéré comme infertile en 2019 devient fertile en 2020. Une aberration !



Quelles solutions pour se protéger des perturbateurs endocriniens ?

 

En pratique, voici quelques conseils pour limiter votre expositions aux perturbateurs endocriniens (PE). Une vigilance qui doit être accrue pour les couples ayant un projet de grossesse, les femmes enceintes ou allaitantes, ainsi que les enfants en bas âge et les adolescents.

                                   

Air intérieur

   

PRIVILÉGIER :

  • L’aération 10 min/j, quelle que soit la saison.

  • Les peintures naturelles, à l’eau, écolabellisées (Écolabel Européen, NF Environnement).

  • Les matériaux de finition étiquetés A+ (moindre émission de composés organiques volatils).

 

ÉVITER :

  • Les émanations de produits chimiques (aérosols, tabac).

  • La peinture à l’huile.

  • Les pesticides et insecticides (insecticides pour animaux domestiques, produits phytosanitaires).

 

Alimentation


L’alimentation est une importante source d’exposition aux PE. Elle apporte son lot de pesticides, mais aussi de métaux lourds et de polluants organiques persistants (POP).

 

PRIVILÉGIER :

  • Les produits «bio» : surtout pour les fruits et légumes non épluchables, les céréales complètes, les légumineuses et les aliments gras (huiles végétales, graines, oléagineux, viandes… car les pesticides et les POP sont solubles dans les graisses et s’y trouvent donc dans des teneurs plus élevées).

  • Les produits frais, locaux et de saison.

  • Le lavage et l’épluchage des légumes (surtout ceux qui ne sont pas « bio »), des fruits…

  • Les petits poissons gras de début de chaîne alimentaire (sardines, maquereaux, anchois, harengs).

 

ÉVITER :

  • Les pesticides provenant de l’agriculture conventionnelle.

  • Les gros poissons prédateurs, intoxiqués aux POP, PCB, métaux lourds et mercure (thon, requin, espadon…). Ils sont à bannir chez la femme enceinte !

  • Les aliments ultra-transformés (parabènes et additifs, dont nanoparticules).

 

Conservation et cuissons des aliments


PRIVILÉGIER :

  • Les poêles en fonte, en acier inoxydable (18/10) ou céramique.

  • Le fer, le verre, le grès et les biberons en verre.

  • Les bouilloires en métal ou en verre.

 

ÉVITER :

  • Les poêles antiadhésives ou en Téflon.

  • Les bouilloires en plastique.

  • Certains contenants en plastique.

  • De chauffer les aliments dans des récipients en plastique, car les particules plastiques migrent vers les aliments.

  • Les emballages alimentaires en papiers et cartons recyclés.

  • Les boîtes de conserves en métal et les canettes avec vernis interne (bisphénols).

  • Les revêtements antiadhésifs (composés perfluorés).

  • Les revêtements en aluminium en cas de contact avec les aliments acides.

 

Hygiène et cosmétique 

       

PRIVILÉGIER :

  • Des produits « bio » avec écolabel (Cosmebio, Ecocert, Nature et Progrès, Natrue, BDIH).

  • Les culottes et serviettes menstruelles lavables ou les coupes menstruelles.  

ÉVITER :

  • Les triclosans, triclocarbans,  alkylphénols, parabènes, phtalates, métaux lourds, dans les dentifrices, déodorants, crèmes, maquillage, etc. Pour y voir plus clair, n’hésitez pas à télécharger une application (QuelCosmetic®, Yuka®).

  • Les protections hygiéniques et tampons contenant des pesticides, dioxines et phtalates.

 

Vêtements     


PRIVILÉGIER :

  • Un lavage préalable des vêtements neufs.

  • Les vêtements d’occasion si possible !

  • Les labels GOTS, OEKO TEX.

 

ÉVITER :

  • Les retardateurs de flamme polybromés, les composés perfluorés.

  • Les textiles non contrôlés et waterproof (3M).

 

Produits ménagers 


PRIVILÉGIER :

  • Le vinaigre blanc, le bicarbonate de soude, le savon noir et les produits avec écolabels (Écolabel Européen, NF Environnement).

  • L’aspirateur au balai, car la poussière contient de nombreux polluants (aussi, dépoussiérer les meubles avec un chiffon humide).

 

ÉVITER :

  • Les alkylphénols, triclosans, parabènes.

 

Meubles   

        

PRIVILÉGIER :

  • Le bois brut.

  • Les déballer et les aérer le plus possible avant de les installer.

  • Les meubles d’occasion si possible !

 

ÉVITER :

  • Le bois aggloméré (retardateurs de flamme polybromés, formaldéhyde).

 

Jouets des enfants  


PRIVILÉGIER :

  • En bois brut non verni et en provenance de l’UE, avec écolabels.

 

ÉVITER :

  • Les phtalates, le PVC.

 

 

Sources :

 

 

J'espère que cet article vous a plu et vous a éclairé sur le sujet. Si vous souhaitez aller plus loin et prendre en main votre santé en améliorant votre hygiène de vie, je peux vous accompagner !

 

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